Les films de Marien B #8

Aujourd’hui 2 chroniques pour le prix de deux.

EN BREF – « Barry Seal – American Traffic » : faut avouer qu’après les foirages que furent les désastreux « Jack Reacher 2″ et « La Momie », le nabab scientologue d’1m70 qui s’appelle Tom Cruise est sur une pente descendante. Parce que c’est bien beau d’enchaîner les films d’action depuis 10 piges pour garder la forme à l’approche de la soixantaine (oui, t’as bien lu ^^), faut quand même pas oublier que pépère a aussi été, fut un temps, un acteur, un vrai, capable de très belles compositions comme dans « Magnolia » ou « Eyes Wide Shut », sans oublier son inoubliable sens de l’autodérision dans « Tonnerre sous les Tropiques » qui m’a fait oublier toutes ses incartades de beauf sur le canapé d’Oprah Winfrey. Et donc, ce « Barry Seal » marque le retour de Tom Cruise dans un film où il tape pas des méchants, avec l’éclectique Doug Liman derrière la caméra (qui a offert avec « Edge of Tomorrow » l’un des Cruise les plus funs de sa carrière), et ça retrace l’histoire folle mais vraie d’un pilote de ligne qui s’est retrouvé à bosser à la fois pour la CIA et le cartel de Pablo Escobar. J’en attendais pas grand-chose, et c’est à quelques nuances près ce que j’ai eu : c’est du « rise and fall » classique et balisé, qui s’en remet le plus souvent au sourire ultra-bright du scientologue qui néanmoins semble s’amuser. Ça se voudrait classe et fun comme du Scorsese, sauf que malgré ses qualités, Doug Liman n’en est pas là et shoote son film comme un épisode de série télé avec caméra à l’épaule et cadrages anarchiques. On s’ennuie pas, c’est déjà ça, quelques scènes sont drolatiques et certains seconds rôles sont fendards, mais ça transcende que dalle dans le genre. Reste que ça fait plaisir de voir Tom Cruise faire autre chose que des cascades à la Belmondo, on avait presque oublié qu’il était bon acteur…

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« Mother ! » (avec le point d’exclamation, c’est important) : j’apprécie plutôt le cinéma de Darren Aronofsky, après ne m’être jamais remis du final de « Requiem for a Dream » (promis maman, jamais de drogues dures ^^ !) ou des prestations hallucinantes de Natalie Portman dans « Black Swan » ou de Mickey Rourke dans « The Wrestler ». Certes, « Noé » m’avait plutôt laissé de marbre et j’ai rien capté au prétentieux « The Fountain », mais je concède volontiers au gars une grosse faim de cinéma et des idées artistiques brillantes, un type qui en a dans le ciboulot et qui fait ce qu’il a envie quitte à laisser le public sur le bord de la route. Et voici donc sa nouvelle oeuvre, « Mother ! », révélée seulement au début de l’été car tournée presque en secret et présentée récemment à la Mostra de Venise où il a bousculé les festivaliers, en même temps, le contraire aurait été étonnant. Ajoutons à cela un casting quatre étoiles pour faire briller les tapis rouges : la méga-star Jennifer Lawrence, l’intense Javier Bardem, le vétéran Ed Harris et la trop rare Michelle Pfeiffer. Et ça cause d’un couple vivant dans une grande bicoque paumée au milieu de rien qui trouve sa quiétude brisée par l’arrivée impromptue d’un autre couple qui s’inscruste à la cool, ce qui dérange profondément la maîtresse de maison J-Law mais un peu moins son poète de mari dont le comportement va susciter la méfiance. Ça, en gros, c’est le point de départ de l’intrigue. Parce que pour le reste, vous êtes pas prêts…
Il faudra plusieurs visions de « Mother ! » pour en extraire la substantifique moelle, et encore… Si tu t’attends à voir un film d’horreur à la con, sache que tu vas tomber de très très haut ! Si la première heure, assez lente mais à l’ambiance prenante, ressemble à un thriller psychologique et paranoïaque assez banal bien qu’inquiétant, le reste du film, indubitablement barré et à total contre-courant de ce que Hollywood peut produire habituellement, va faire le tri hardcore entre ceux qui vont kiffer l’hystérie jubilatoire et cathartique du truc et ceux qui se vont se barrer de la salle parce que y’a pas de clowns tueurs de chiards ou de fantômes de merde et parce qu’ils penseront aussi que ce cher Darren Aronofsky les prend pour des cons, ce dont de toute façon il n’aura rien à battre parce qu’il t’emmerde et qu’il fait ce qu’il veut. Perso, je suis partagé. J’aime beaucoup la forme, qui évoque volontiers un cinéma fantastique minimaliste et précis comme du « Shining », allié à une photo froide et magnifique et des acteurs excellents, notamment une Jennifer Lawrence qui prouve qu’elle est quand même une sacrée putain d’actrice qui n’est pas là que grâce à son joli boule. Et j’ai trouvé la dernière demi-heure assez jouissive dans son délire pervers et bordélique, mais par contre, après peut-être que je suis un gros con stupide, mais j’ai pas compris où Aronofsky voulait en venir dans le fond. Certes, c’est une oeuvre en colère qui envoie chier les conventions, mais ça part dans tous les sens, y’a une tonne de symboles et de niveaux de lecture, ça parle d’amour, de création, de don de soi, de fanatisme, bref, ce sera le bordel dans ta tête, au point que tu pourras penser que c’est un ego-trip de cinéaste bobo qui aime bien faire de la peinture avec son caca. Bref, « Mother ! », c’est chtarbé et chelou, mais ça reste du vrai cinéma qui n’a pas peur de surprendre et qui placera à coup sûr le spectateur dans une situation inconfortable ce qui parfois, paradoxalement, fait du bien. Tu aimeras ou tu détesteras. Point barre.

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