DM@Bercy

Oui, oui, je sais, ce mois-çi c’est deuil national suite à la mort de l’évadé fiscal le plus apprécié de France, mais il y a d’autres choses qui se sont passées dans le monde (et pas moyen de savoir quoi que ce soit, puisque toutes les radios tournaient en boucle sur «Les portes du pénitencier»).Bref, au début du mois, Depeche Mode était à Bercy et pour leur deuxième jour de concert dans l’arène et ils m’ont eu l’air un peu fatigués. En même temps, la cinquantaine passée et des années de drogues, on se doute un peu que ce n’est pas la super dinguerie non plus. Bon, une set-list assez années 90, et notamment beaucoup de titres de l’album Ultra, comme «It’s no good», «Barrel of a gun» ou «Useless» pour le début du concert, très dark donc avec des titres comme «In your room».

Nous sommes arrivés en même temps que Dave grâce à  ce système sécuritaire digne du film Fortress , le côté efficace en moins mais la télé dit que ça rassure alors on est rassuré !Je trouve ma place au milieu des gradins : Gradin G, Rang 10, Place 12, autant dire, jamais aussi près de Dave Gahan de tous les concerts de Depeche Mode que j’ai pu faire. Salle obscure, écran coloré (j’aurais presque pu peindre ce tableau) et commence un titre du nouvel album. J’avais pourtant tout fait pour ne pas être spoilée, je le savais quand même. Ca me laisse le temps de poser mon programme et mon manteau et je savoure, il y avait longtemps que je n’avais été aussi près de la scène à Bercy. Je n’arrive pas à croire que je vois aussi bien Dave, ma vision d’aigle (les vrais savent) ne me sert à rien ce soir.

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Dave, quant à lui, fait le job, on enchaîne avec «It’s no good», je suis surprise. D’autant que ce début de concert a été marqué par quelques petits (légers) problème de son. Un synthé bien trop fort mais qui semble apprécié. Dave fait le show et communique avec son public. Du coup, il enchaîne sur le même album avec «Barrel of a gun». Il y a toujours ces problèmes de synthé trop fort mais on regarde Dave balancer ses bras sur le rythme de la chanson tel un Mickael Jackson dans Thriller, ça y est, il est possédé.

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D’ailleurs, on poursuit du coup avec un morceau un peu plus rythmique «A pain that I’m used to». Riff de synthé alarmant, batterie cadencée et une basse beaucoup trop forte. Ce musicien studio/concert est décidément sur-mixé, je ne comprends pas ce choix. Le problème persiste d’ailleurs dans le morceau d’après, «Useless», parce que Dave chante limitefaux au début. La basse est toujours trop forte et du coup un peu fausse aussi. On remarque Dave faisant des signes aux ingés son pour dire que ça ne va pas.

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Mais difficile de garder les yeux sur la scène lorsque l’on voit l’écran, il s’agit d’un clip très proche de l’original. Une femme tient des panneaux à messages en fixe pendant qu’un homme, en arrière-plan, tourne sur lui-même comme dans une manif avec des panneaux à message lui aussi. On y découvre des paroles d’autres chansons, « Words are very unnecessary ».

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La transition n’est pas non plus nécessaire, on continue avec «Precious». On les sent quand même un peu fatigués lorsque l’on voit Dave Gahan donner une petite tape dans le dos de Martin L. Gore pour sans doute lui dire  » mec, je me lève maintenant, tiens bon » ; surtout que trente secondes avant il se goure dans les paroles. Personne n’a rien vu. Ils sont malgré tout contents d’être là, on aperçoit un petit voile humide dans les yeux de Dave.

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Quand vient «World in my eyes », il sourit, il danse lascivement sur le pied de son micro. Il sait que nous sommes venus aussi pour ça. Il remercie même en français.

Puis, vient «Cover Me», on se retrouve dans une sorte de transe comme si on était tout à coup dans un concert de rock prog. C’est un nouveau titre et il est clair que je suis toujours angoissée lorsque l’on me sort des sentiers battus, c’est donc assez déroutant. Mais Dave est là pour nous guider. Nous tapons alors en rythme dans nos mains et jalousons cette jeune fille qui a pu toucher Dave lorsqu’il se promène sur l’avant-scène. Je suis triste pour lui parce que tout le monde braque son portable sur lui comme si c’était une bête de foire alors que je suis en train d’en prendre plein les yeux de mon côté.

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Instant Martin L. Gore, je ne suis pas une fan de ses sets solo, alors on profite d’un moment de « pause » pour faire le debrief de milieu de concert. Je me retourne vers mon père, qui a les yeux tout écarquillés. Lui aussi est subjugué que l’on soit aussi près. Bon Martin, on l’aime bien, mais moins quand il chante. Ca nous permet de prendre des forces pour les morceaux suivants avec Dave Gahan qui revient des loges. On se demande avec mon chéri ce qu’il peut bien faire pendant ce moment, prendre un apéro, s’isoler et réfléchir… On est alors sur le qui-vive, j’espère quelque chose d’un peu plus punchy pour me remettre de cette pause. Je me dis que » A question of time» serait parfait.

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Il en a été décidé autrement, nous continuons hors des sentiers battus avec «In your room». Dave est possédé par la danse, mais pas facile de voir tout car derrière sur l’écran, un couple de danseurs hypnotique envahit l’atmosphère. Une performance à hauteur de la chanson. On en a plein les yeux. Surtout à la fin du morceau lorsque Dave nous fait une petite démonstration de sa souplesse, je crois que lui aussi s’est mis au yoga. Puis vient le moment du single du nouvel album, «Where’s the revolution». Quatre minutes de militantisme et de questionnement politique. Depeche Mode ne nous avait pas encore habitués à ça mais c’est efficace comme un single se doit de l’être, « we are on board ».

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Et nous somme d’ailleurs en route pour un retour aux sources, une intro très electro, un Dave qui ambiance la scène et un sample très reconnaissable, il s’agit de «Everything Counts». Je crie, je suis aux anges comme Dave qui retrouve un peu la forme. Il danse avec son pied de micro entre deux « sing it », il tourne, il virevolte, il se trémousse, nous tend le micro, « I love Paris », une fin chantée tous en chœur. Dave fait signe à son batteur de continuer, je suis partagée entre joie et tristesse, on sent la fin du show venir. Mais «Stripped» ne vient pas alors je me dis que ça ne peut pas encore se terminer.

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A la place, “Policy of truth”. Démonstration de danse et voix suave de Dave pour ce tube. Enchainé sur «Enjoy the Silence», je pense à ma meilleure amie qui est loin et avec qui je partage une réflexion très profonde de lycéennes qui sont en Littéraire. Bref, une private joke de plus de dix ans à propos de cette chanson. Je saute partout mais la tristesse me gagne, je sens définitivement la fin du concert approcher. Alors je profite encore un maximum d’être aussi près d’eux et je savoure chaque seconde, je chante comme tout le monde en regardant ces animaux de la ferme sur l’écran. Dave se balade partout en dansant sur la scène. Un break qui permet d’apprécier ce « silence musical » et remercier son crew et son public qui ne veut pas en rester là, on a tous compris que le moment allait s’achever. On chante alors des « hohoho », sur la mélodie de la chanson. On ne les laissera pas partir ainsi.

Mais voilà que nous sommes interrompus par une des plus belles chansons de Depeche Mode, «Never let me down again». C’est toujours un pincement d’entendre ces paroles et de penser au passé sombre de Dave et par conséquent du groupe durant cette période un peu dark de leur vie. Mauvaises pensées vite oubliées par un break encore une fois très psychédélique avec la traditionnelle envolée lyrique où le public balance ses bras de gauche à droite au-dessus de sa tête avec Dave Gahan, tel un guide mystique qui envoie à l’aide d’un pistolet propulseur des goodies dans les gradins.Ils quittent la scène.

Ca y est, cette fois c’est pour de bon, il va y avoir un rappel mais c’est bientôt fini. Moment acoustique avec “Judas”. « Once again a beautiful song by Martin L Gore » selon Dave Gahan.

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Puis, à nouveau intro electro. « Alright! » Trois notes de synthé et l’on reconnaît «Walking in my shoes». Du classique pour ce rappel mais toujours pas de «Stripped». Le refrain est chanté par le public, on sent Dave et sa bande fatigués. Mais le petit coup d’eBow de Martin L. Gore sur le riff fait tout oublier. Le public semble de toute façon lui aussi fatigué, moins réceptif et Dave le confirme « saying what ? ».

Tout à coup, alarme et lumière rouge, c’est «A question of time» qui entre en scène. Dave, les bras écartés tel un Christ sur sa croix, tourne sur lui même. Je me sens comme si j’avais « only fifteen ». Pas le reste du public, on entend à peine la foule. A tel point qu’on n’a même pas eu le traditionnel claquement de mains à la fin de la chanson.

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Il est l’heure donc de conclure, sur «Personal Jesus». Reach out and touch Dave, on en rêve mais après deux heures de concert qui en ont paru dix, le show se termine. Ils saluent la foule, remercient leur public, ils s’embrassent et s’inclinent une dernière fois devant nous.

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De notre côté, Andrew Fletcher, qui a assuré le show depuis le début, peine à se baisser, il se tient le dos. Je prends alors conscience que même les dieux vieillissent et pourtant, ils ont encore bien enflammé la salle ce soir malgré tout. Je reste cependant sur ma faim en terme de set-list. Pas de «Stripped», donc, ni de  “Behind the wheel”. Aucun titre de Sounds of the Universe ni de Delta Machine. Et encore moins la super reprise de Bowie, «Heroes», qui a même été illustrée par un clip récemment. Ce qui est étrange puisqu’ils l’ont jouée sur les dates précédentes. C’est dommage. Mais bon, on ne peut pas avoir un sublime concert comme le 101 revisité de la précédente tournée, à chaque fois. En parlant de 101, pendant le set de Martin L Gore, on a soulevé une très bonne hypothèse avec mon père. L’année prochaine, on fêtera les trente ans du 101, une occasion de refaire la tournée pour fêter comme il se doit mes 30 ans à moi aussi ?

#HOPE

Heroes de David Bowie – Depeche Mode cover

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BONUS :

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3 Réponses à “DM@Bercy”

  1. Virginie dit :

    Je n’ai pas regardé toute la vidéo du concert mais on sent effectivement que ça démarre durement et que c’est mieux vers la fin. Cool article en tous les cas. J’imagine que vous vous êtes bien amusés !

  2. Thomas Vercruysse dit :

    Chère Samantha, merci beaucoup de m’avoir fait vivre ce concert de ma première tournée manquée de Depeche Moe depuis plus de dix ans!
    A bientôt

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