Pourquoi les végans ont tout faux

Par Alexandra Schwartzbrod pour France Culture

Dans une tribune publiée dans le journal Libération, trois spécialistes d’environnement dénoncent le mauvais coup que porte le véganisme à notre mode de vie, à l’agriculture, à nos relations aux animaux et même aux courants végétariens traditionnels.

Je sais que je prends des risques, que je vais peut-être me faire beaucoup d’ennemis, bien plus encore qu’après une chronique sur le conflit israélo-palestinien. Mais ce texte que nous publions ce matin dans Libé mérite vraiment qu’on s’y arrête. Il s’intitule « Pourquoi les vegans ont tout faux » et il est d’autant plus intéressant qu’il est signé par des passionnés et spécialistes d’environnement, du journaliste Frédéric Denhez, auteur de L’assiette est dans le pré, à la sociologue et directrice de recherche à l’Inra Jocelyne Porcher, en passant par le politologue Paul Aries, qui a publié l’an dernier Une histoire politique de l’alimentation, du paléolithique à nos jours, ce sont donc des gens qui, a priori, savent de quoi ils parlent.

Alors, la plupart d’entre vous le savent déjà mais je préfère quand même le rappeler : est vegan celui qui ne consomme aucun produit issu des animaux, cela inclut donc le lait, les oeufs mais aussi le miel, le cuir ou des médicaments testés sur des animaux, bref cela implique un mode de vie très radical sensé préserver l’animal. Quels sont donc les arguments de Denhez, Porcher et Ariès pour remettre en cause cette règle de vie? Ils démontent pour nous plusieurs affirmations.

Les végans vont sauver les animaux

Et d’abord « les végans vont sauver les animaux » : Faux disent-ils. « Les animaux domestiques ne sont plus depuis longtemps des animaux naturels, ils sont partie prenante du monde humain autant que de leur propre monde. Ainsi est-il probable qu’ils ne demandent pas à être libérés et à retourner à la sauvagerie, ni à être stérilisés afin de progressivement disparaître comme le demandent certains vegans, mais plutôt à vivre avec nous une existence intéressante, intelligente et digne », fin de citation. Bon sur ce dernier point, je ne suis pas sûre d’être d’accord, si tous les humains vivaient de façon intelligente ça se saurait, mais le débat mérite d’être posé.

Le veganisme va nous sauver de la famine

Autre affirmation: le veganisme va nous sauver de la famine, va sauver l’agriculture et notre alimentation. Sur la famine, nos trois auteurs sont catégoriques: depuis les années 60 il n’existe plus de famine liée à l’épuisement des ressources, les famines sont devenues une arme politique, rien à voir avec le veganisme. Pour ce qui est de l’agriculture, ce serait plutôt le veganisme qui la tuerait, disent-ils, la polyculture élevage produit ce qui se fait de mieux pour nourrir un sol : le fumier. Et l’agriculture sans élevage, épuise les sols, le compost de légumes étant bien moins efficace que le fumier animal.

Le veganisme va sauver notre santé

Autre affirmation : le veganisme va sauver notre santé. Alors là, nos trois auteurs ont des arguments plutôt intéressants : des études montrent que la consommation de viande est corrélée au cancer. Le problème, disent-ils, c’est que ces études ont été principalement menées aux Etats-Unis et en Chine où la viande est gavée d’antibiotiques et d’hormones, encore plus transformée qu’en Europe. Quant aux études démontrant la longévité supérieure des végétariens, elles sont biaisées par le constat que ces publics-là font très attention à ce qu’ils consomment, ils mangent très peu de produits transformés, peu de sucre et de sel, ils font du sport, bref ils ont un mode de vie équilibré qui aide! Autre affirmation intéressante : le véganisme est une position politique émancipatrice. Faux, disent Aries, Denhez et Porcher! « En défendant une agriculture sans élevage et un monde sans animaux domestiques, c’est-à-dire sans vaches ni chevaux, ni chiens, ce mouvement nous met encore davantage dans les serres des multinationales et accroit notre dépendance alimentaire et notre aliénation. »

En savoir plus >>>>>>>>

 

3 Réponses à “Pourquoi les végans ont tout faux”

  1. Virginie dit :

    Un article qui ne me semble pas impartial. La question peut se poser mais il ne faut pas monter les uns contre les autres. Il faut reconnaitre que les activistes végétaliens ont permis de montrer les conditions horribles dans lesquelles les animaux étaient élevés et abattus. Ça a permis à certains (j’espère beaucoup) de réfléchir à la provenance de leur viande et de consommer en conséquence. C’est malheureux à dire mais la carte bleue est le seul moyen de pression que le consommateur a pour faire changer les habitudes des producteurs/fournisseurs.
    Pour être végétarienne (donc un peu entre les deux positions), je pense vraiment que chacun doit trouver son moyen pour consommer mieux.
    Lisez « Vivre avec les animaux » de Jocelyne Porcher. Elle raconte son expérience dans l’agronomie. Sa conclusion n’est pas d’arrêter la consommation de viande, mais de revenir à l’abattage chez l’éleveur pour causer moins de stress chez l’animal.
    Et lisez aussi « Manifeste animaliste » de Corine Pelluchon, elle y explique que le traitement que nous affligeons à nos animaux reflètent les dysfonctionnements de notre société. Elle propose aux éleveurs d’innover pour remplacer les élevages. Elle n’oublie pas qu’il ne faut pas simplement dire de ne plus manger d’animaux mais qu’il faut préparer le manque à gagner de ceux qui vivent de l’exploitation animale.
    Avec deux têtes pensantes comme celles-ci (et il y en a certainement d’autres), nous pouvons bien trouver DES solutions pour vivre en harmonie, non?

  2. omar mabrouki dit :

    barbara SCHWARZT raconte n importe quoi

Laisser un commentaire

Vertus des pierres |
Học Nghề Đầu Bếp Ở TPHCM |
COMITE D'ENTREPRISE DU... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Critcroc
| SMS MultiServices
| Unredider